extrait (avec permission) du livre intitulÉ:

«Constat Médical et Analyses Scientifiques Des Événements de SOUFANIEH -

12 - 16 avril 1990». - Philippe LORON, neurologue. (Pages 66-71)

Éditions F. X. de Guibert

(O.E.I.L.)

3, rue Jean-François Gerbillon

75006 Paris

FRANCE

Le pèlerinage d'un groupe de treize Français à Soufanieh, Pâques 1990

1. Mon rapport Témoignage en tant que médecin neurologue

Voici mon opinion sur les événements de Soufanieh, auxquels j'ai assisté durant la Semaine Sainte de l'année 1990 (période de Pâques). J'y ai fait la connaissance de Myrna et de son mari Nicolas, ainsi que du père Malouli.

Je connaissais déjà le père Zahlaoui, qui est venu en France en janvier 1990.

J'ai observé Myrna à plusieurs reprises, en dehors des phénomènes extraordinaires. Son comportement me parait naturel, simple, dénué de toute affectation ou propos mal placé. Elle est accueillante, mais sans débordement.

Elle sourit quand il faut, mais pas systématiquement. Au contraire, elle est parfois très recueillie, très intériorisée. Je l'ai vu rire aussi, elle participe à la plaisanterie (sans pouvoir juger de son contenu, car je ne connais pas la langue arabe).

* Dont l'auteur de l'ouvrage.

Elle semble avoir un comportement normal et naturel avec son mari, avec ses enfants, ses parents, les pères Malouli et Zahlaoui - j'ajouterai pour ceux-ci, un comportement très respectueux -, enfin avec ses amis, sa famille, et les visiteurs nombreux qui viennent prier dans sa maison.

Lorsque le père Malouli m'a demandé de l'examiner le vendredi 13 avril 1990, le lendemain des stigmates, elle a dit simplement: «Mais vous me donnez trop d'importance ! » Elle s'est prêtée docilement à l'examen, sans fausse pudeur ni excès de modestie.

J'ai ressenti une grande confiance, et non pas une gêne, pour le faire. Je n'ai donc observé aucune tendance névrotique, et en particulier aucun comportement de type hystérique qui supposerait une tendance au théâtralisme, en dehors des phénomènes extraordinaires.

Son mari, par ailleurs, est remarquable dans son accueil simple et généreux. Sa discrétion et son naturel sont exemplaires, sans écarter le sens du réalisme. Comme il s'agit ici d'un couple, il faut aussi prendre en considération les répercussions que peuvent avoir ces événements sur lui.

Il semble bien que l'on puisse parler non pas d'une résignation, mais d'une acceptation bien vécue, et qui impose le respect et l'admiration.

J'aborde maintenant les événements proprement dits. Jeudi Saint 1990, j'ai pu observer, filmer et photographier les stigmates durant l'après-midi. L'ouverture des plaies frontales eut lieu vers 11 h 15. Je n'étais pas encore là pour y assister.

A mon arrivée vers 13 h 15, Myrna était allongée sur son lit, sous une couverture. Placé à sa gauche alors qu'elle avait le visage tourné dans cette direction, j'ai pu noter la cicatrice de cinq plaies fines verticales au front et la trace de quelques coulées de sang qui avait coagulé.

Ce n'était pas du sang frais, mais du sang séché qui commençait à s'écailler. Ceci ressemblait bien à du sang. Une des plaies au moins avait la particularité d'un point arrondi sur son trajet, indiquant à ce niveau une certaine profondeur.

Myrna semblait souffrir, avec parfois quelques paroxysmes, où elle se tenait la tête entre les mains. Elle pouvait répondre à des remarques du père Malouli situé immédiatement à sa gauche (c'est-à-dire à la droite du lit). Elle m'a répondre à des remarques du père Malouli situé immédiatement à sa gauche (c'est-à-dire à la droite du lit). Elle m'a paru tout à fait consciente.

S'étant assise au bord de son lit, j'ai observé le dos des pieds; il existait sur chaque pied une petite excroissance rosée (plus rose que le reste du pied de couleur pâle), qui m'a semblé augmenter légèrement de volume durant les quelques secondes d'observation.

Puis Myrna s'est rallongée, avec toujours la couverture sur elle. Peu de temps avant, j'ai noté que les paumes des mains paraissaient normales (en tout cas sans blessure), mais je n'ai pas pu les observer aussi bien que les pieds. Je ne peux donc pas affirmer s'il existait un durillon aussi.

Myrna est entrée dans un état de souffrance vers 13 h 30 -

13 h 45 où elle s'agitait un peu, se retournait sur son lit et gémissait par moment. J'ai vu alors les traînées de sang, sur le dos des pieds et dans les paumes des mains.

Il s'agissait maintenant de sang frais, car rutilant, qui s'écoulait en une seule traînée sur les pieds, et le long du sillon horizontal de la main, traversé par la blessure. J'atteste l'aspect normal de sang frais, ainsi que celui des blessures fines et régulières, comme dessinées à la lame fine.

Ni Myrna, ni son entourage ne m'ont paru exécuter le moindre geste suspect qui aurait pu effectuer de telles blessures à l'aide d'un objet extérieur. Je n'ai pas quitté la chambre de Myrna durant toute l'après-midi des stigmates. Il n'y a donc, a mon avis, aucune supercherie dans la survenue de ces stigmates chez elle.

Elle a porté aussi la main gauche brusquement sur son flanc gauche en gémissant. Ce n'est qu'au bout d'une vingtaine de minutes qu'on l'a aidée à dégager sa robe et son sous-vêtement tout imbibé d'une large tache rouge évoquant du sang.

Une plaie fine, d'aspect hémorragique, horizontale et assez longue, sous le sein gauche, fut dégagée. On n'observait aucune coulée de sang, ce qui paraît vraisemblable puisque c'est le linge qui la recouvrait qui a absorbé le sang. Myrna s'est prêtée docilement à l'examen, avec un visage qui traduisait la souffrance et l'acceptation.

Son attitude dans la souffrance m'a paru très pudique et simple. Elle n'a émis aucun cri, tout au plus quelques gémissements, et son état d'agitation «raisonnable» n'a duré que quelques minutes: durant l'ouverture des stigmates. Le reste du temps, Myrna était allongée sur son lit dans un état qui traduisait plutôt un certain épuisement. Mais là encore, rien qui me paraisse relever de l'hystérie, ou même d'un comportement névrotique.

Vers 18 h, elle a pu se lever et se joindre à la prière du soir. Elle a chanté plusieurs beaux chants, avec une voix solide qui traduisait plutôt une attitude de prière profonde, et ne trahissait pas une émotion simplement humaine.

Le lendemain matin, vers 10 h 30, j'ai examiné les plaies de Myrna. Nous les avons aussi filmées et je les ai photographiées. La cicatrisation m'a paru normale, aussi bien dans les paumes des mains que sur les pieds, ainsi qu'au côté.

A deux réserves près cependant. Tout d'abord, Myrna n'a employé aucun produit pour aseptiser les plaies, autre qu'un lavage tout à fait ordinaire. Je l'ai surprise ce matin-là en train de tenir le balai et de laver sa chambre. Elle tenait le manche sans aucune précaution pour protéger les plaies. Et je n'ai observé aucune trace de suppuration tout au plus une légère réaction inflammatoire locale, qui est tout à fait classique dans la cicatrisation.

La deuxième réserve à une cicatrisation normale, est l'absence de tout procédé pour maintenir refermés les bords de la plaie. Il est usuel en effet d'avoir recours à des points ou au moins à la pose de stéristrips pour assurer la meilleure cicatrisation possible.

Chez Myrna, personne ne semble s'en soucier et je confirme une cicatrisation des plaies chez elle dans les meilleures conditions esthétiques. A côté des plaies récentes sur le dos des pieds, j'ai observé deux traces fines dépigmentées très régulières qui correspondent à une cicatrisation vraiment bien réalisée de plaies anciennes, ce qui confirme l'existence de plaies véritables.

La longueur des plaies des mains est d'environ un centimètre (peut-être un peu moins). Celles-ci sont verticales, le long de l'axe de la main, et traversent le sillon horizontal inférieur. Pour les pieds, leur longueur est d'environ un centimètre et demi, et aussi dans l'axe vertical.

La plaie au côté mesurait douze centimètres. J'ai vu aussi, un peu décalée et plus courte, une cicatrice de plaie ancienne. Les stigmates, chez Myrna, me paraissent donc être de véritables plaies, tant dans leur aspect actuel que j'ai suivi jusqu'à la cicatrisation au quatrième jour (je suis parti le lundi 16 avril), que dans leur aspect de cicatrices anciennes.

Il n'y a pas de supercherie. Comme cela a été évoqué chez certaines stigmatisées, on pourrait se poser la question de l'hystérie, encore que les arguments puissent prêter à la discussion, mais ce n'est pas ici notre propos.

Le comportement de Myrna aussi bien lors de l'ouverture des stigmates que dans sa vie quotidienne, paraît écarter une telle hypothèse, ce d'autant que la cicatrisation en elle-même présente des particularités sinon surnaturelles, au moins exceptionnelles. Mais je ne ferai sur ce deuxième point que poser la question; je ne prétends pas apporter une conclusion définitive.

Enfin, Samedi Saint 1990 (14 avril), j'ai assisté durant l'après-midi (environ de 15 h à 16 h) à 1'exsudation d'huile des yeux, des mains et du visage de Myrna, qui précédait son «extase». Myrna était dans la cour en train de converser quand le phénomène l'a surprise, devant de nombreux témoins.

Là encore, personne n'a pu relever le moindre geste suspect qui ferait soupçonner Myrna ou ses proches de se huiler le visage et les mains. D'autant qu'il s'agit d'un phénomène progressif, là encore filmé et photographié.

Des gouttelettes fines ruissellent du visage de Myrna. Elle s'essuyait les yeux avec ses doigts, mais pas les mains. Au début, le caractère huileux de l'onguent n'apparaissait pas encore sur le dos des mains. Puis, plus tard, sans qu'elle se soit frotté les mains, l'huile a envahi aussi le dos des mains.

Ses manches étaient légèrement retroussées. L'huile ne se prolongeait pas au-delà des poignets. Elle ne pouvait donc bien évidement pas provenir des avant-bras, de dessous les manches. Myrna était alors allongée sur son lit. Elle bougeait encore.

Puis elle s'est immobilisée durant neuf minutes. C'est ce qu'on appelle l'extase chez elle, car elle dit recevoir un message ou du Christ ou de la Vierge, alors qu'elle voit une grande lumière.

Pendant l'extase, nous n'avons noté aucun geste, aucun clignement de paupières les yeux fermés - alors que l'huile est très irritante pour l'oeil -, aucun mouvement respiratoire thoracique, aucun mouvement de déglutition, toutes choses qui auraient dû être automatiques.

Elle est restée comme dans un état catatonique, fixé, mais dont je n'ai pas apprécié la rigidité éventuelle en essayant de la mobiliser. Je n'ai pas cherché à la mobiliser sachant que les tests de ce genre avaient déjà été effectués.

Au bout de neuf minutes, elle a recommencé à remuer un peu, à déglutir, et à reprendre sa respiration thoracique. Puis elle commençait à ouvrir les yeux mais ne semblait pas encore voir le monde environnant.

J'ai noté des pupilles très dilatées, bien que la lumière de projecteurs (pour les films vidéo) aurait dû provoquer leur contraction; là encore, j'observai un comportement calme, recueilli et sans aucune affectation.

Dimanche de Pâques, nous avons constaté de l'huile dans l'urne placée en dessous de la petite image de Notre-Dame de Soufanieh. Des reflets luisants apparaissaient sur l'image et sur la partie inférieure du cadre, avec quelques gouttes perlant en dessous.

L'une d'elles est tombée dans l'urne, au bout d'un certain temps. Il est donc incontestable que l'image est le siège d'une imbibition d'huile. Or, celle-ci n'est pas abîmée ensuite, comme si l'huile séchait très vite (ce qu'on pouvait observer aussi chez Myrna au décours de l'extase).

Je me permets donc de souligner ce point afin d'en provoquer une expertise scientifique par des biologistes et des physiciens. Car, si je ne peux conclure d'emblée au caractère surnaturel de cette huile d'olive quant à sa composition, son mode d'apparition, et aussi son mode de disparition, en séchant sans tacher, paraissent vraiment extraordinaires. Une commission d'enquête officielle sur ce point semble souhaitable.

J'ai fait analyser à Paris deux échantillons d'huile que m'a remis le père Malouli; il s'agit d'huile d'olive, avec en plus un léger pic de cholestérol. Or celui-ci est a priori d'origine animale.

Si l'huile provient de la petite image, il est vraiment très étonnant déjà d'avoir constaté jusqu'à présent de l'huile d'olive pure à 100 %. En plus, cette fois-ci, on y trouve un composant d'origine animale (ou humaine), ce qui est incompréhensible.

Si l'on tient compte, en plus de tous ces faits, de la gratuité totale à Soufanieh, l'on peut avancer que le comportement de Myrna et de Nicolas a beaucoup de chance d'être surnaturel. Car il ne peut relever que d'un «mobile» qui dépasse l'entendement purement humain. La cohérence théologique des messages peut alors appuyer ce point.

Voici mon opinion concernant Soufanieh. Je me tiens à la disposition de quiconque me demanderait des précisions.

Rapport rédigé le lundi 26 novembre 1990

Docteur Philippe Loron





Dr. Philippe Loron, Neurologue

Ancien Interne aux Hopitâux de Paris

Ancien Chef de Clinique à la Faculté

Hospital Practitioner à La Salpètrière

94 1 07809 9

7, allée du Parc de la Bièvre

94240 L'HAY LES ROSES

PARIS, FRANCE

Tel: 46 83 01 87

Fax: 49 73 08 10