Extrait du livre: Constat Médical et Analyses Scientifiques des événements de SOUFANIEH, 12-16 Avril 1990; par le Dr. Philippe Loron - pages 77-79.

Ce rapport est signé de la plume de Bibiane de la Roque, expert psychologue de l'Institut de Psychologie de l'Université de Paris. En voici des extraits:

Personnellement, j'étais présente durant l'apparition des stigmates aux mains, aux pieds et au côté, dans sa chambre où elle était étendue. J'étais placée à un mètre d'elle, à la tête de son lit, à côté du père Malouli qui notait chaque mouvement, chaque murmure de Myrna, l'ouverture successive de chaque stigmate, en précisant l'heure.

De même, le Samedi Saint, depuis le suintement d'huile de Myrna jusqu'à son message qu'elle retransmit après son extase, je me trouvais une nouvelle fois à un mètre d'elle, assise au bord de son lit où elle était étendue.

Le nombre élevé d'heures passées auprès de Myrna, la proximité permanente et exceptionnelle que j'ai pu avoir de sa personne, les circonstances aussi variées que possibles, tantôt relevait de faits journaliers les plus banals, tantôt relevant de phénomènes non expliquables rationnellement, tout au long de cette Semaine Sainte, me permettent de mettre en évidence quelques traits de caractère les plus saillants de la personnalité de Myrna ou tout au moins de son comportement.

Ce qui m'a, en premier lieu, le plus frappée est le fait qu'elle demeure, quelles que soient les situations, absolument naturelle: simple dans son attitude, dans ses gestes, dans sa démarche, dans ses expressions. Elle a des mimiques très variées selon le moment: tour à tour grave, rieuse, recueillie, souffrant avec dignité et retenue, tendre... - restant toujours étroitement ajustée à ce qu'elle vit l'instant présent. On ressent fortement une impression d'authenticité.

Pour ne citer qu'un exemple parmi d'autres, Myrna, durant notre séjour à Soufanieh, a été filmée durant des heures, photographiée des centaines de fois sous tous les angles et dans les moments les plus intimes -- ce qui suppose l'agression de flashes puissants et aveuglants.

Or, au moment ou elle est filmée ou photographiée, elle reste naturelle, ne se compose jamais un visage, une attitude. Une des raisons pour lesquelles elle est photogénique est qu'elle ne pose pas.

A cet égard, à aucun moment - banal ou extraordinaire -, je n'ai remarqué de recherche de l'effet, de comédie, de parade. Il est clair qu'on ne constate chez elle aucune manifestation hystérique.

Corrélativement à ce naturel, elle reste éminemment calme et n'a pas ce qu'on appelle un tempérament nerveux. Je ne l'ai jamais surprise ayant un geste d'impatience, d'irritabilité, d'agacement, d'énervement dans la vie quotidienne comme durant ses souffrances du Jeudi et du Samedi Saint.

Elle reste maîtresse d'elle, même dans les périodes de souffrance intense durant l'ouverture des stigmates et pendant le suintement d'huile qui lui fait mal aux yeux et l'aveugle. Durant les stigmates, elle a un profond sillon vertical de ride au-dessus du nez, elle pince parfois la lèvre inférieure, déplace la tête de droite à gauche, de bas en haut, gémit, murmure par moments d'une manière imperceptible "ô Vierge", "ô Christ" - ce qui correspond à des exclamations arabes face à la souffrance physique.

Durant le suintement d'huile, elle cherche à ouvrir les paupières, à regarder, esquisse un geste pour trouver un kleenex afin de s'essuyer les yeux mais qu'on ne lui donne pas avant l'extase. Elle reste digne tout au long de ses diverses manifestations de souffrances...

Dans la même atmosphère d'absence de comportement exhibitionniste, j'ai remarqué chez Myrna sa réserve dans la simplicité.

Ainsi, le lundi de Pâques, à la demande du père Joseph Malouli, elle lui obéit en montrant les cicatrices de ses stigmates dans sa chambre, en présence de son mari Nicolas, du docteur Philippe Loron, neurologue, de deux psychologues, Brigitte Sauvegrain et moi-même, de Guy Fourman photographiant. Avec pudeur mais sans fausse honte, elle découvre la cicatrice du stigmate au côté. Elle se laisse photographier de très près, mais on ne peut pas dire qu'elle y prenne plaisir. Elle le fait parce qu'on le lui a demandé.

FIN.