B. DE LA ROQUE - EXPERT-PSYCHOLOGUE

de l'Institut de Psychologie de l'Université de Paris

Diplômée du Groupement des Graphologues-Conseils de France

Graphologue Conseil

20 BIS, rue Pétrarque

Paris XVI, France



Paris, le 22 Avril 1990.

RAPPORT SUR LE COMPORTEMENT DE MYRNA

Compte tenu de ma profession de psychologue, il m'a été demandé d'écrire en tant que témoin mes observations portant directement sur le comportement de Myrna. Celles-ci ont été effectuées dans les circonstances suivantes.

A l'occasion de la fête de Pâques célébrée en 1990 à la même date par les catholiques et par les orthodoxes - de même qu'elle le fut en 1984 et en 1987 - le père Elias Zahlaoui invita un groupe de treize français, dont je faisais partie, à participer à la célébration de la semaine Sainte en Damas, auprès de Myrna : du 10 au 16 avril 1990.

Arrivés le Mardi Saint au soir, 10 avril, nous nous rendîmes directement de l'aéroport à la maison de Soufanieh où habite Myrna et sa famille, vers 22 heures, pour la saluer, prier avec elle et l'entendre chanter devant l'icône de la Vierge et l'Enfant. Par la suite, notre groupe s'est rendu chaque jour chez Myrna durant plusieurs heures consécutives: le Mercredi Saint, le Jeudi Saint, le Vendredi Saint, le Samedi Saint, le Dimanche de Pâques et même le Lundi de Pâques, le 16 avril - jour de notre départ pour Paris. Nous nous rendions à Soufanieh parfois dès le matin, tous les après-midi jusqu'à la fin de la prière de 18h. Quelquefois, nous restions plus tard le soir. C'est dire que nous avons côtoyé Myrna un nombre d'heures considérable en sept jours : le plus souvent dans la cour de sa maison, trois fois dans sa chambre, dans le salon, sur la terrasse.

Le but de ce rapport n'est pas de reconstituer heure par heure les événements qui se sont déroulés à Soufanieh durant cette période. Cependant, un bref rappel des faits, non explicables naturellement, s'avère nécessaire :

1 - Jeudi Saint, 12 avril, apparition successive des stigmates chez Myrna: d'abord au front vers 11h; puis simultanément aux pieds et aux mains vers 13h 45; enfin quelques instants après au côté gauche.

2 - Samedi Saint, 14 avril : à 15h. suintement d'huile au visage, aux yeux, aux mains, puis au cou de Myrna pendant 31 minutes. A 15h 31 extase de neuf minutes. A son retour à la conscience elle dit, à la demande du Père Elias Zahlaoui, le message qu'elle a entendu durant son extase.

3 - Dimanche de Pâques, 15 avril: entre 4h.10 et 4h .35 du matin environ, Myrna, s'apprêtant à partir pour l'office de Pâques à Notre-Dame de Damas, voit la coupe située sous l'icône de la Vierge et l'Enfant remplie d'huile d'olive. Cette icône est placée dans la cour de sa maison, posée sur une colonne et enfermée sous un globe transparent fermé avec un cadenas, dont la clef est gardée par le Père Malouli.

4- Le lundi de Pâques, 16 avril, le globe a été ouvert par le Père Malouli et nous avons pu sentir le fort parfum d'huile d'olive.

Notre présence dans la maison de Myrna s'est polarisée autour de plusieurs types de situation:

- Au cours de prières en français de notre groupe, notamment chapelet et chants devant l'icône de la Vierge dans la cour de la maison - Myrna étant souvent présente dans cette pièce-carrefour.

- Au cours de la prière de 18h. dite en arabe par les habitants de Damas devant l'icône - prière accompagnée de cantiques chantés par Myrna et par d'autres syriennes; ainsi qu'au cours de la lecture de l'Évangile, de prières et de chants en arabe conduits par le Père Elias Malouli ou par un jeune prêtre barbu. (lapsus ; il faut lire Joseph)

- Au cours des entretiens que nous avions avec le Père Elias Zahlaoui et surtout avec le Père Joseph Malouli, avec l'entourage syrien de Myrna, avec les étrangers venus du Canada, d'Egypte, des Etats-Unis, du Liban, du Sri Lanka, etc...Ces rencontres avaient lieu dans la cour, dans le salon, sur la terrasse de la maison où Myrna allait et venait, selon l'heure et les activités quotidiennes de la journée.

-Au cours des événements survenus chez Myrna le Jeudi et le Samedi Saints.

Personnellement, j'étais présente durant l'apparition des stigmates aux mains, aux pieds et au côté, dans sa chambre où elle était étendue. J'étais placée à un mètre d'elle, à la tête de son lit, à côté du Père Malouli qui notait chaque mouvement, chaque murmure de Myrna, l'ouverture successive de chaque stigmate, en précisant l'heure. De même, le Samedi Saint, depuis le suintement d'huile de Myrna jusqu'à son message qu'elle retransmit après son extase, je me trouvais une nouvelle fois à un mètre d'elle, assise au bord de son lit où elle était étendue.

Le nombre d'heure passées auprès de Myrna, la proximité permanente et exceptionnelle que j'ai pu avoir de sa personne, les circonstances aussi variées que possibles, tantôt relevant de faits journaliers les plus banals, tantôt relevant de phénomènes non explicables rationnellement, tout au long de cette Semaine Sainte, me permettent de mettre en évidence quelques traits de caractère les plus saillants de la personnalité de Myrna ou tout au moins de son comportement.

Ce qui m'a, en premier lieu, le plus frappée est le fait qu'elle demeure, quelques soient les situations, absolument naturelle : simple dans son attitude, dans ses gestes, dans sa démarche, dans ses expressions. Elle a des mimiques très variées selon le moment : tour à tour grave, rieuse, recueillie, souffrant avec dignité et retenue, tendre ... restant toujours étroitement ajustée à ce qu'elle vit dans l'instant présent. On ressent fortement une impression d'authenticité.

Pour ne citer qu'un exemple parmi d'autres, Myrna, durant notre séjour à Soufanieh, a été filmée durant des heures, photographiée des centaines de fois sous tous les angles et dans les moments les plus intimes - ce qui suppose l'agression de flashes puissants et aveuglants.

Or , au moment où elle est filmée ou photographiée, elle reste naturelle, ne se compose jamais un visage, une attitude. Une des raisons pour lesquelles elle est photogénique est qu'elle ne pose pas.

A cet égard, à aucun moment - banal ou extraordinaire - je n'ai remarqué de recherche de l'effet, de comédie, de parade. Il est clair qu'on ne constate chez elle aucune manifestation hystérique.

Corrélativement à ce naturel, elle reste éminemment calme et n'a pas ce qu'on appelle un tempérament nerveux. Je ne l'ai jamais surprise ayant un geste d'impatience, d'irritabilité, d'agacement, d'énervement dans la vie quotidienne comme durant ses souffrances du Jeudi et du Samedi Saints.

Elle reste maîtresse d'elle, même dans les périodes de souffrance intense durant l'ouverture des stigmates et pendant le suintement d'huile qui lui fait mal aux yeux et l'aveugle. Durant les stigmates, elle a un profond sillon vertical de ride au-dessus du nez, elle pince parfois la lèvre inférieure, déplace la tête de droite à gauche, de bas en haut, gémit, murmure par moments d'une manière imperceptible '' ô Vierge, ô Christ" - ce qui correspond à des exclamations arabe face à la souffrance physique.

Durant le suintement d'huile, elle cherche à ouvrir les paupières, à regarder, esquisse un geste pour trouver un kleenex afin de s'essuyer les yeux mais qu'on ne lui donne pas avant l'extase.

Elle reste digne tout au long de ses diverses manifestation de souffrances.

Ce calme, cette absence de symptôme pathologique s'illustrent d'autant plus à l'occasion de l'arrivée soudaine, à la fin de l'ouverture des stigmates de Myrna, d'une femme syrienne d'une trentaine d'années en état catatonique, prostrée, puis sanglotant brusquement et voulant s'agripper de force à Myrna qui dormait et lui communiquer de soi-disant messages de la Vierge. Très excité, le père de cette femme criait dans la chambre de Myrna et un prêtre d'un certain âge, dont le nom m'est inconnu, criait encore plus fort en lui intimant de sortir lui et sa fille. Au bruit des cris et de la femme se jetant sur Myrna et que l'on essayait de séparer, celle-ci se réveilla tout étonnée mais garda son contrôle - de même que son mari, Nicolas, qui resta parfaitement maître de lui malgré la difficulté de la situation. Celui-ci me disant après cet incident : "l'essentiel est de garder son calme."

Dans la même atmosphère d'absence de comportement exhibitionniste, j'ai remarqué chez Myrna sa réserve dans la simplicité.

Ainsi, le Lundi de Pâques, à la demande du Père Joseph Malouli, elle lui obéit en montrant les cicatrices de ses stigmates dans sa chambre, en présence de son mari Nicolas, du docteur Philippe Loron, neurologue, de deux psychologues, Brigitte Sauvegrain et moi-même, de Guy Fourmann photographiant. Avec pudeur mais sans fausse honte elle découvre la cicatrice du stigmate au côté. Elle se laisse photographier de très près, mais on ne peut pas dire qu'elle y prenne plaisir. Elle le fait parce qu'on le lui a demandé.

De même, elle ne fait part de ce qu'elle a vu ou entendu que si on le lui demande. Ainsi, au réveil de son extase le Samedi Saint, le Père Elias Zahlaoui l'interroge: "as-tu vu quelque chose?". Elle répond: "de la lumière." Le Père poursuit: "as-tu entendu quelque chose?" Elle commence alors par dire, profondément triste : "c'est regrettable"; puis elle dit qu'elle a entendu une voix masculine dont le message est le suivant:

"Mes enfants, vous, vous apprendrez aux générations le mot d'unité, d'amour et de foi. Je suis avec vous; mais toi, ma fille, tu n'entendras plus ma voix jusqu'à ce que la fête soit unifiée."

En prononcant ces derniers mots, Myrna eut un sanglot dans la gorge et dans la voix qu'elle réprima. C'est la seule fois où j'ai constaté chez ellte l'extériorisation d'un vif émoi dû à un intense chagrin.

En effet, la prochaine fête de Pâques unifiée entre catholiques et orthodoxes n'aura lieu que dans 11 ans, en l'an 2001 - d'où sa grande tristesse de ce long silence qu'elle devra endurer.

Si Myrna est visiblement obéissante lorsque le Père Joseph Malouli et le Père Elias Zahlaoui lui posent une question, ou lui demandent de venir dire une prière, ou bien encore de chanter ... en revanche, elle semble très décidée, autonome, déterminée dans ce qu'elle entreprend, paraissant ne pas se laisser influencer facilement. Ainsi, la veille de Paques, elle avait dans la main des croix dorées qu'elle voulait remettre personnellement à des jeunes, à des enfants de son entourage. Survient Raef, un familier de la maison, une sorte d'ange gardien faisant régner avec zèle l'ordre dans la demeure de Soufanieh, étant donné sa haute stature, la vigueur de sa jeunesse et de son physique. Raef, dans son élan de chef, tente de s'emparer des croix pour faire lui-même la distribution. Mais Myrna lui résiste fermement.

Lorsqu'elle agit, Myrna n'est pas flottante: elle est toute entière dans ce qu'elle fait, immergée dans le présent. Quand elle chante, elle est toute entière dans son chant; quand elle prépare avec Nicolas la décoration de la fête de Pâques pour leurs enfants, elle s'y donne totalement.

A côté de cette concentration d'esprit soutenue dans son action immédiate, elle est simultanément extraordinairement présente à ce qui se passe autour d'elle, même lorsqu'elle vit quelque chose de particulièrement intense, comme les stigmates ou le suintement d'huile.

Pour illustrer cet apparent paradoxe, lorsqu'elle subit l'arrivée des stigmates - longue période pendant laquelle elle reste parfaitement consciente - elle remue les lèvres en entendant réciter le chapelet, elle regarde l'une de notre groupe assise au pied de son lit et qui pleure silencieusement.

De même, pendant un moment d'accalmie dans ses souffrances, elle aperçoit juchés tout en haut de lit gigogne de ses enfants, situé à côté de sa couche, deux hommes, familiers de la maison, qui la filment: elle esquisse un sourire, mi-tendre, mi-indulgent face à leur audace, mais dans la seconde qui suit ce regard, elle est saisie de douleurs fulgurantes et les stigmates des pieds et des mains s'ouvrent du dedans: sang rouge clair, donc sang artériel et non veineux.

C'est le passage soudain du phénomène qui est surprenant, comme en septembre 1988, Myrna, juste après m'avoir serré la main, eut brusquement les deux paumes dégoulinantes d'huile: passage brusque d'un état banal, ''normal" à un état ''anormal", en d'autres termes non explicable naturellement.

Si Myrna est grave quand elle prie, si elle chante d'une voix de basse, belle et profonde, si elle est apparue particulièrement recueillie et comme ramassée sur elle-même dans une attitude d'humilité, comme si elle voulait conserver en elle ce qu'elle avait reçu pendant les stigmates, apparaissant à la prière du soir avec Nicolas ayant Myriam dans les bras, elle ne dédaigne pas pour autant la plaisanterie, souriant volontiers, riant à l'occasion, non dépourvue d'humour.

Par exemple, le soir des stigmates, elle se reposait étendue sur une banquette de la terrasse - trois caméras en activité en face d'elle. Sans se troubler, elle demande : '' laquelle de ces caméras dois-je regarder ?"

Le lendemain des stigmates, Myrna se trouve dans le salon, Nicolas s'approche d'elle pour photographier les cicatrices de ses stigmates au front à 10cm d'elle. A cet instant le téléphone sonne: Myrna, sans bouger la tête, prend l'écouteur tout en se laissant photographier. Le contraste de la situation produit un effet comique.

Le jour de Pâques, à l'heure de la prière du soir, Myrna est nettement détendue et gaie.

Le Lundi de Pâques, elle est tout à fait en symbiose avec notre joyeux groupe.

L'étude du comportement de Myrna serait incomplète si l'on ne signalait pas le fait qu'elle est élégante dans sa tenue vestimentaire.

Plutôt grande, élancée, elle porte naturellement, bien la toilette. Chaque jour de la Semaine Sainte elle a changé de tenue.

On voit qu'au cours du déroulement de la Semaine Sainte, Myrna revêt intentionnellement des couleurs appareillées à la liturgie: le noir est dominant jusqu'au Vendredi Saint et le jour de Pâques, sont en harmonie avec les fleurs blanches et rouges de l'église de Notre-Dame de Damas, du cercueil au cours de la cérémonie de ''l'enterrement du Christ". Notons également des fleurs blanches et rouges dressées autour de l'icône de Soufanieh le Samedi Saint: la taille de Myrna était d'autant plus fine qu'elle jeûnait depuis quatre jours.

On peut dire de Myrna qu'elle est belle de visage. Il s'agit d'une beauté due à son expression qui est souvent grave, puissante, recueillie, naturelle. Notre groupe tout entier s'accorde à reconnaître qu'elle est particulièrement belle à contempler lors de son extase: visage et corps devenus immobiles, dépourvus alors de toute souffrance, profondément calme, grave, trois doigts de la main levés en signe de bénédiction : elle est au-delà.

De surcroît, ses mains sont racées, soignées, longues et fines, avec parfois du vernis à ongles - ce que Nicolas n'aime pas, dit-on.

Il se dégage de tout l'ensemble de sa personne une grande harmonie - harmonie entre son physique et son moral. Incontestablement elle a de la présence jusque dans les moments les plus anodins et aussi discrète soit-elle.

Cette impression d'unité, d'harmonie de tout son être demeure malgré les stress qui l'assaillent: stigmates, huile dans les yeux, jeûne, manque de sommeil. Certes, le lendemain des stigmates, le Vendredi Saint, la fatigue se lit sur son visage: elle a très peu dormi la nuit, car les Musulmans sont venus très tard à Soufanieh, puis elle a souffert de ses stigmates aux pieds ainsi que des épaules et du dos meurtris pour la première fois: ''J'ai été bien battue", dit-elle. Cependant, elle parait avoir un excellent fond de vitalité, une résistance, une robustesse qui font qu'elle récupère très vite. Elle n'a aucunement le physique d'une personne délicate ou maladive.

A propos du jeûne, il est permis de se demander quand et où cette famille prend des repas. J'ai seulement vu les deux enfants grignoter des friandises et Nicolas fumer la cigarette de temps à autre.

Enfin, Myrna, bien qu'incessamment sollicitée de toutes parts par le va-et-vient incessant des visiteurs, est très maternelle, attentive, avec mesure, partageant d'une manière tout à fait complémentaire avec son mari le temps accordé à leurs enfants: Myriam, 4 ans et Jean-Emmanuel, 2 ans.

J'ai vu Myrna, le Vendredi Saint au soir sur la terrasse, prodiguer à Myriam sur ses genoux une tendresse particulièrement enveloppante et silencieuse. Si bien que la petite a pleuré doucement quand son père est venu remplacer sa femme.

Il n'est pas possible d'évoquer Myrna sans mentionner son mari, Nicolas, et la place qu'il occupe dans le couple.

Nicolas est de petite stature, mince, a le visage grave, pensif, une fine moustache et un beau et vaste front. Il est soigné, voire élégant, changeant souvent de tenue vestimentaire.

Nettement plus âgé que sa femme, il est sérieux, réfléchi, évolué, fin, cultivé, parlant couramment le français. Il est lui-même pondéré, capable de garder son sang-froid dans les situations tendues (cf. plus haut l'incident de la femme hystérique).

Si tous les regards des visiteurs se tournent vers Myrna, il n'en reste pas moins que son mari tient une place non négligeable dans la maison, maintenant avec beaucoup de discrétion un rôle de régulateur, sans jouer le maître de maison de type patriarcal et autoritaire. Il est vigilant, notamment auprès de ses enfants et se montre un père affectueux.

Il pratique l'hospitalité avec une rare vertu, et qui va largement au-delà de la traditionnelle hospitalité orientale. Il faut bien réaliser que sa maison est envahie et de jour et de nuit. En effet, notre séjour coïncidait avec la période du Ramadan, aussi les musulmans venaient à Soufanieh tard le soir après leur repas.

Il peut même arriver qu'ils accueillent dans leur demeure et nourrissent comme un membre de leur propre famille pour un ou plusieurs jours des amis, voire des étrangers venus prier à Soufanieh et en difficulté de logement. Si l'on sait ce que la femme et la maison représentent de sacré, donc de préservé, de caché pour une mentalité arabe, on mesurera combien l'attitude d'accueil et d'ouverture, sans a priori, de patience aussi que pratique quotidiennement Nicolas depuis 1982 a de proprement révolutionnaire et unique dans la société arabe du Proche-Orient. L'épreuve d'avoir une telle femme est immense pour Nicolas qui est littéralement dépossédé. Lui-même ne déclare-t-il pas : "Je n'ai plus de femme, plus d'enfants, plus de maison ... !"

Nicolas se fait d'autant plus discret lorsque la foule envahit la chambre nuptiale. S'il disparaît précisément à ces moments-là, on le voit néanmoins fendre la foule pour tracer un chemin à la femme hystérique portée par son père.

La mère de Nicolas, une femme âgée et souffrant de la cataracte est une personne d'un dévouement et d'une humilité rares: elle passe la meilleure partie de son temps à maintenir propre la maison sans cesse envahie.

La mère de Myrna, comme Nicolas, n'accourt pas assister aux phénomènes surnaturels de sa fille. En revanche, elle arrive près de son lit et l'entoure de sa sollicitude maternelle quand la foule est partie.

Le père de Myrna est un solide homme dans la force de l'âge, au teint hâlé d'un travailleur manuel habitué à travailler au grand air. Il est également présent avec dignité et calme.

C'est une atmosphère libérale, non directive qui règne ici : la famille n'a-t-elle pas laissé voir à la petite Myriam un film représentant sa mère souffrant sous l'effet des stigmates. Depuis, Myriam, est, dit-on ''fâchée avec Jésus". Les enfants sont d'ailleurs mêlés constamment à tout ce qui se passe, notamment dans la cour. Ils n'ont pas l'air effarouché de cette ruche bourdonnante.

D'après mes observations quotidiennes, tel est le bilan qui se dégage :

- Forte cohésion familiale.

- Structure familiale à l'ancienne : cohabitation de trois générations et des collatéraux.

- Inversion des rôles traditionnels de la famille orientale :

. la femme est vue, l'homme est caché.

- Equilibre ''acrobatique" de la cellule familiale dans une situation de ''crise'' quasiment permanente.

- Bonne complémentarité du couple Myrna-Nicolas

- Harmonie et authenticité : caractéristiques essentielles chez Myrna.



Signé à Paris, le 22 avril 1990.





B. de la Roque ­ Expert Psychologue

Graphologue diplômée du Groupement des Graphologues-Conseils de France

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